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Avec le premier confinement, nous avons rapidement dû prendre en compte les difficultés d’équipements et les carences en termes de compétences de nos élèves. Les prêts d’ordinateurs n’ont, pour beaucoup de nos élèves, ni permis de compenser la distanciation ni comblé le peu de maîtrise de ces outils.

De plus, durant cette période, nous nous sommes rendus compte que des élèves habituellement silencieux en classe intervenaient beaucoup plus lors d’échanges écrits dans les chats associés aux classes virtuelles. De retour en classe, avec la pression du groupe, ils se sont de nouveaux tus.…

Avec le second confinement et la mise en œuvre de l’hybridation, nous avons conclu que ce qui faisait le dénominateur commun de nos élèves de lycée, c’était le fait d’avoir un smartphone avec une connexion au web, via le WIFI familial ou un accès en 4G plus ou moins étendu, et des capacités d’action mineures.
S’est alors imposé de fait que l’usage d’une messagerie instantanée de groupe, que certains de mes collègues avaient expérimenté à la demande des élèves, avec des outils privés ne respectant pas les données personnelle, était une solution efficiente pour garder le lien et éviter le décrochage.

La DSI du rectorat de Besançon a proposé aux enseignants l’outil libre RocketChat afin d’introduire un outil plus respectueux de la vie privée pour des usages entre les personnels, et a décliné une version en direction des élèves et des enseignants via son service BlablaCl@sse. Cet outil de messagerie instantanée, présenté aux élèves et mis en place en octobre, m’a servi de vecteur de contact avec ma classe de seconde lors de la période d’hybridation de Toussaint à Noël.

A noter :

Articuler les groupes à distance et en présence pour faire vivre la classe

L’hybridation nous a contraint à articuler les groupes d’élèves en présentiel et en distanciel ; la messagerie instantanée a surtout facilité le travail entre les groupes sur des temps asynchrones en facilitant les explications écrites et le questionnement des élèves. J’ai ainsi donner la même évaluation (un quiz) aux deux groupes avec les mêmes modalités sur un temps synchrone. Comme le montre la copie d’écran ci-dessous, j’ai pu donner le top départ et de fin en même temps ; les élèves ont apprécié cette égalité de traitement.

En outre, un des effets induits a été la possibilité offerte aux élèves de m’interpeler directement par un message direct sans passer par la prise de parole devant la classe dans la discussion de groupe. J’ai ainsi réussi à lever des difficultés de compréhension de consignes ou à réaliser des retours individuels sur des travaux.

Réguler le travail à faire et les interactions

Une des conséquences de cette alternance de groupes, et ce malgré une utilisation très détaillée des consignes pour chacun des groupes dans le cahier de texte, a été de devoir réguler les questions des élèves concernant les tâches à effectuer. Ce manque d’autonomie et d’organisation est assez caractéristique en seconde et a pu être accompagné assez aisément soit par moi, soit par les autres élèves. J’avais installé l’application sur mon smartphone, ce qui m’a permis plus de rapidité dans les réponses, sans que cela soit fondamentalement indispensable.

Comme on le voit sur les copies d’écran-ci-dessous, les élèves font preuve d’entraide à distance qu’ils soient en classe ou à la maison. Les échanges ont été synchrones ou asynchrones (voire les horaires de certains messages), entre eux ou entre eux et moi sur un ton relâché, quelques fois un peu trop, mais avec ce style propre aux échanges informels même chez les élèves qui ont une aisance d’expression écrite.

Animer la classe de manière synchrone

J’ai aussi pu animer certains temps de classe de manière synchrone sans passer par une visio-conférence. Pour cela j’ai demandé aux élèves en classe de prendre leurs notes via l’application installée sur leurs smartphones et de se faire le « scribe » du groupe à distance. Sur les deux images ci-dessous, Médina était en classe et partageait ses notes avec Anida, Elodie et Raphaël qui lui posaient des questions ou apportaient des précisions. Au passage, vous aurez sans doute remarqué l’appropriation de l’application avec un avatar pour certains élèves, souvent les plus impliqués dans ces usages numériques.

Que conclure de ces premiers pas avec la messagerie instantanée en classe ?

  1. Les notifications qui arrivent sur les smartphones des élèves : ça fonctionne et cela les fait réagir en mettant les messages scolaires au centre de leur activité numérique.
  2. Les échanges entre élèves peuvent être productifs et efficients : la parole professorale n’est plus unique et permet des interactions entre pairs.
  3. Des messages avec la classe, mais aussi des messages entre un élève et le professeur, sont produits par ceux qui ne prennent jamais la parole en classe.

Et ce qui reste à questionner pédagogiquement :

  1. Le fait de s’insérer dans le système d’information personnel des élèves : leur smartphone devient un objet où vie privée et publique/scolaire se mêlent.
  2. L’enfermement des élèves dans leur fonctionnement où tout arrive vers eux sans devoir se contraindre à aller chercher l’information dans un système d’information structuré comme l’ENT.
  3. La question du relâchement systématique de l’expression écrite est également posée, surtout quand, comme moi, on est enseignant de lettres.
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