« Selon une enquête du Groupe VYV et de la CNIL menée dans quatre pays européens, en janvier 2026, près de 9 jeunes sur 10 utilisent une IA conversationnelle en France et près d’un sur deux y évoque des sujets personnels, ces outils s’imposant comme des interlocuteurs en matière de santé mentale — non sans risques pour leur bien-être et leurs données.»
En France, l’étude menée montre une jeunesse à la fois très connectée à l’IA et particulièrement vulnérable sur le plan psychique : 65% des 11‑25 ans présentent des signes d’anxiété, et 28% relèvent d’une suspicion de trouble anxieux généralisé, avec des niveaux encore plus élevés chez les 20‑25 ans, les filles, les étudiants et les actifs. Dans le même temps, 86% des jeunes Français déclarent utiliser des outils d’IA, principalement pour des tâches scolaires ou professionnelles (écrire des textes, résumer, réviser, organiser son travail, réfléchir à son orientation), mais aussi pour leurs loisirs et pour parler de sujets intimes. Près d’un jeune sur deux (48%) utilise l’IA pour aborder des problèmes personnels, et une partie importante la considère comme un conseiller de vie, un confident, voire un psy, en soulignant sa disponibilité, l’absence de jugement et la possibilité de lui confier des choses qu’ils ne disent à personne.
Dans ce contexte, le rôle de l’école et de l’éducation devient décisif. L’institution scolaire est un lieu où l’on peut, collectivement, rendre visibles ces usages, en parler sans tabou et aider les élèves à distinguer les apports de l’IA (aide au travail scolaire, organisation, synthèse) de ce qu’elle ne pourra jamais remplacer : la relation humaine, l’écoute professionnelle, le soin. Les données de l’étude montrent que près d’1 jeune sur 2 craint que l’IA n’isole ou ne fragilise le bien‑être, que seuls 32% savent ce que deviennent les informations confiées aux outils d’IA et que 85% souhaitent davantage d’informations sur les risques, les bonnes pratiques et la gestion des données. L’école a donc un double rôle : éduquer à l’IA (esprit critique, compréhension des modèles, protection des données, droits numériques) et contribuer au bien‑être numérique (cadre d’usage, repérage des situations de mal‑être, orientation vers des adultes et des professionnels). En articulant éducation aux médias, éducation à la santé et citoyenneté numérique, elle peut aider les jeunes à ne pas rester seuls face à ces outils et à construire des usages de l’IA qui soutiennent leurs apprentissages sans mettre en danger leur équilibre psychologique.
