Ce baromètre, conçu par la Délégation régionale académique au numérique pour l’éducation de Bourgogne-Franche-Comté sur le modèle du violentomètre, est un outil de prévention et de sensibilisation, entièrement déconnecté, qui a été conçu pour aider les élèves à faire facilement le point sur leur rapport aux écrans. Il leur offre des repères clairs et progressifs, et leur permet d’identifier les éventuels impacts du numérique sur leur quotidien.
Aux origines du violentomètre.
En 2009, alors qu’elle travaille sur les dynamiques des relations amoureuses, la chercheuse mexicaine Martha Alicia Tronco Rosas a l’idée de créer un outil qui permette à la fois aux femmes de repérer les éventuels signes d’une relation toxique mais aussi la possible dégradation des relations au sein de leur couple.
Tout d’abord diffusé en Amérique du Sud, le violentomètre a ensuite été repris et adapté en France en 2018 conjointement par l’Observatoire parisien des violences faites aux femmes, l’Observatoire des violences envers les femmes de Seine-Saint-Denis et l’association En Avant Toutes.
Pourquoi un baromètre du bien-être numérique ?
Parce qu’en moyenne, selon les données de Santé publique France, les enfants et adolescents âgés de 6 à 17 ans passent plus de 4 heures par jour devant les écrans, et que l’accès aux réseaux sociaux est de plus en plus précoce : 44 % des adolescents y accèdent avant 13 ans, et plus d’un enfant de 11 ans sur cinq déclare avoir utilisé un réseau social avant ses 10 ans (Arcom).
Des usages susceptibles d’avoir des répercussions sur la santé, sur les apprentissages ou encore sur les relations sociales des élèves, et que ce baromètre propose d’interroger.
Téléchargez ici le baromètre du bien-être numérique au format PDF.
À qui s’adresse ce baromètre et comment l’utiliser ?
Pensé pour les élèves de collège, cet outil peut également être utilisé avec des lycéens ou même des élèves de cycle 3 à condition d’être explicité. Conçu pour servir de supports aux enseignants dans le cadre de séances pédagogiques autour de l’EMI ou autour du domaine 4 du Cadre de références des compétences numériques « Protection et sécurité », ce baromètre peut cependant être imprimé et distribué aux élèves qui pourront alors librement s’en saisir.
Il peut également servir aux parents pour engager un dialogue avec leurs enfants sur les usages numériques de toute la famille et éventuellement aboutir à la création d’une charte familiale d’utilisation des écrans (FamiNum).
Quelques pistes pédagogiques pour exploiter le baromètre du bien-être numérique avec vos élèves
Première étape : Poser le cadre
Cette étape est indispensable. Avant toute utilisation du baromètre avec ses élèves, il est essentiel de leur rappeler que ce baromètre du bien-être numérique est un outil de prévention et de sensibilisation qui n’a pas été conçu pour juger les usages qu’ils ont du numérique, encore moins pour les noter ou les classer mais bien pour les aider à faire le point sur leurs pratiques et les alerter, le cas échéant, sur les situations potentiellement préoccupantes.
Il est possible de proposer à sa classe, en amont de cette séance, une enquête rapide et anonyme au format papier ou numérique, autour de la question du bien-être numérique. Les objectifs peuvent être nombreux : dresser un rapide état des lieux du bien-être numérique de la classe, impliquer les élèves en partant de leur ressenti, donner du sens à l’utilisation du baromètre ou encore leur montrer que certaines de leurs préoccupations sont partagées. C’est également un moyen de mesurer l’évolution de la perception que les élèves ont de leur bien-être numérique entre le début et la fin de la séance.
Deuxième étape : Découverte collective du baromètre
Avant de distribuer le baromètre, il peut être intéressant de prendre le temps de le projeter afin que les élèves découvrent ensemble les différents critères et indices qui le composent, d’expliciter ceux qui pourraient poser problèmes ou encore répondre aux questions que les élèves ne manqueront pas de _se_ poser.
Au cours de ces échanges, ou plus tard dans la séance, il est possible que des critiques émergent vis-à-vis de ce baromètre. La liste n’est pas exhaustive et certains élèves pourraient lui reprocher de ne pas mentionner des éléments pourtant essentiels à leurs yeux. L’ordre dans lequel certains critères sont présentés pourrait également être questionné. Ces remarques sont légitimes et ne remettent aucunement en cause la pertinence de l’outil. Ce baromètre repose sur des partis pris qui peuvent, et doivent, être interrogés.
Troisième étape : Faire le point individuellement sur son bien-être numérique
Une fois le baromètre distribué, inviter les élèves à sélectionner les affirmations qui semblent correspondre le plus à leur situation et à repérer la zone qui concentre le plus de leurs réponses (verte, orange ou rouge). A ce stade, il est important de leur rappeler que la zone orange invite à la vigilance et que la zone rouge n’est pas là pour les culpabiliser mais bien pour les alerter et les faire réfléchir sur des situations potentiellement préoccupantes.
Quatrième étape : Réflexion collective et production d’une ressource commune
Sans demander aux élèves de se dévoiler personnellement, il est possible d’engager une réflexion collective : Comment expliquer l’éventuel décalage qu’il y a entre la perception que l’on a de ses usages et ce qu’indique le baromètre ? Pourquoi certaines situations peuvent sembler « normales » alors qu’elles sont classées en zone de vigilance ? Quelles solutions pratiques envisager quand on est dans une situation préoccupante ?
Afin que les élèves gardent une trace de cette séance et des échanges qui ont eu lieu, il est possible de leur faire réaliser une affiche collective autour du bien-être numérique. Pour garantir l’implication de tous, la classe peut être divisée en groupes de trois élèves ou quatre élèves. Selon le temps que l’on souhaite consacrer à la production de cette ressource, chaque groupe peut concevoir sa propre affiche ou se voir confier la production d’une partie de l’affiche commune.
Quelques idées de contenus pour cette affiche :
- 3 questions à se poser sur ses usages
- 3 habitudes à conserver ou à adopter
- 3 situations qui doivent alerter
- 3 solutions pour réagir en cas de réception de contenus inappropriés
- 3 personnes ou ressources à contacter en cas de difficulté
- 1 slogan autour du bien-être numérique…
Quelques ressources à présenter ou à utiliser avec vos élèves en complément de ce baromètre
FantomApp : l’application de la CNIL qui aide les 10-15 ans à se protéger sur les réseaux sociaux. L’application est disponible gratuitement depuis les magasins d’application App Store et Google Play mais aussi en version web : fantomapp.fr
PHAROS : la plateforme qui permet de signaler les infractions commises sur internet (violence, mise en danger des personnes, menace ou apologie du terrorisme, injure ou diffamation, incitation à la haine raciale ou discrimination, atteintes aux mineurs…).
119 – Enfance en danger : la plateforme d’écoute et d’aide destinée aux enfants, adolescents et jeunes majeurs (moins de 21 ans) victimes de violences psychologiques, physiques, sexuelles ou en situation de danger.
Réseaux sociaux : téléchargez tout ce que vous avez publié en un clic ! le tuto de la CNIL qui explique aux élèves comment faire le point sur l’ensemble des contenus et informations qu’ils ont déjà publiés sur leur réseau social préféré.
48 heures sans smartphone ou presque, un Bingo proposé par Dolorès Bojic, professeur documentaliste au Lycée Victor Hugo de Besançon.
Quelques ressources pédagogiques autour de l'EMI et du cyberharcèlement
Phare : la plateforme dédiée au programme pHARe, qui centralise les ressources essentielles autour du harcèlement (accessible depuis votre portail ARENA).
Clemi : le site vous propose de nombreuses ressources pour faire travailler l’Education aux médias et à l’informations à vos élèves.
Moderamus : Un proposition pédagogique modulable destinée à sensibiliser les élèves du cycle 3 au lycée à la notion de données personnelles, aux enjeux de leur collecte et aux risques liés à leur divulgation..
Harcèlement ? Cyberharcèlement ? De quoi parle-t-on ?
Le harcèlement se définit comme une violence répétée qui peut être verbale, physique ou psychologique. Cette violence se retrouve aussi au sein de l’école. Elle est le fait d’un ou de plusieurs élèves à l’encontre d’une victime qui ne peut se défendre. Lorsqu’un enfant est insulté, menacé, battu, bousculé ou reçoit des messages injurieux à répétition, on parle donc de harcèlement.
Le cyber-harcèlement est défini comme « un acte agressif, intentionnel perpétré par un individu ou un groupe d’individus au moyen de formes de communication électroniques, de façon répétée à l’encontre d’une victime qui ne peut facilement se défendre seule ». Il se pratique via les téléphones portables, messageries instantanées, forums, chats, jeux en ligne, courriers électroniques, réseaux sociaux…
Source : https://www.info.gouv.fr/actualite/victime-ou-temoin-dites-non-au-harcelement
Que faire si un de mes élèves est victime ou témoin de harcèlement ou de cyberharcèlement ?
Je dois :
- recueillir sa parole, sans minimiser ou juger les faits,
- le rassurer en le déculpabilisant et en lui montrant que sa parole a bien été entendue et prise en compte,
- l’orienter vers la plateforme de lutte contre le harcèlement et le cyberharcèlement (30 18), un numéro anonyme, gratuit et confidentiel,
- lui faire conserver des preuves (captures d’écran des messages, des photos…),
- lui montrer comment signaler le ou les contenus à la plateforme. Besoin d’aide ? La CNIL vous guide : Publication gênante sur les réseaux sociaux : signalez pour supprimer !
- l’aider à bloquer le ou les auteurs du harcèlement,
- transmettre l’information au plus vite au Référent Phare de l’établissement qui activera le protocole de lutte contre le harcèlement et alertera les personnes concernées (parents, membre de la communauté éducative…).
Personnes ressources pour l’Académie de Besançon
Harcèlement : Élisabeth Pozza, responsable académique prévention et lutte contre le harcèlement | Tél. : 03 81 65 74 09 | Courriel : ce.viescolaire@ac-besancon.fr
Education aux médias et à l’information : Marie Adam-Normand, référente académique ÉMI, coordonnatrice Clémi de l’Académie de Besançon| Tél. : 03 81 65 74 53 | Courriel : marie.adam-normand@ac-besancon.fr
Personnes ressources pour l’Académie de Dijon
Harcèlement : Anne-Laure Gauthier, responsable académique prévention et lutte contre le harcèlement | Tél. : 03 81 65 74 09 | Courriel : ce.viescolaire@ac-besancon.fr
Education aux médias et à l’information : Cécile De Joie, référente académique ÉMI, coordonnatrice Clémi de l’Académie de Dijon | Tél. : 03 80 44 86 87 | Courriel : cecile.de-joie@ac-dijon.fr
